Un jour de 1962 à Michelet

Posté par Le Lensois Normand le 2 mars 2014

    Septembre 1962, c’est le jour de la rentrée des classes. Aujourd’hui, j’entre chez ‘les grands’.

    Le petit gamin des corons a dit ‘Adieu’ à son école de la cité du 12 au début du mois de juillet. Ce matin, il a pris l’autobus des ‘Transports en Commun’ qu’il a attendu à l’arrêt devant la porte de la propriété de l’Ingénieur sur la Route de La Bassée.

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L’école des garçons du 12, près de l’église Saint Edouard, c’est fini !

    Il est arrivé là, la ‘carnasse’ à la main, encore vide des bouquins qu’il va ramener ce soir et qu’il faudra recouvrir. Les ‘grands’ l’ont regardé, l’ont testé. Comment sera-t-il accepté parmi tous ceux de l’arrêt de bus ? On le saura dans quelques jours …..

    Le vieux bus jaune, bondé et asthmatique le dépose sur la place de la Gare. A pied, il se rend à l’entrée principale du CEG Michelet sur le Boulevard Basly. Il n’a pas le temps d’admirer les vitrines des Nouvelles Galeries.

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Les bus des ‘Transports en Commun’ mous conduisait au collège

   Le voici dans la cour du collège. Le monde ! Il se sent perdu. Ca crie, ça marche, ça court dans tous les sens. Heureusement, il rencontre un copain du 12. A deux, on se sent plus fort.

   Des hommes qu’il ne connait pas tentent de canaliser les enfants. Rien que des garçons, bien sur. Les filles, elles, sont de l’autre côté du mur, à Campan. Ce n’est pas encore le temps de la mixité dans les écoles.

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La cour de Michelet

   ‘‘Les sixièmes, en rang par là !’’. L’ordre tant craint est venu ! On se range par deux, en silence ; la colonne face à une porte d’entrée d’un bâtiment.

  Un homme vient se placer en tête du groupe, une sacoche à la main. ‘’C’est lui’’ entend-on chuchoter. Il donne l’ordre de mise en marche. On entre, on monte des escaliers, on arpente des couloirs. Que c’est grand !

  On pénètre dans une salle de classe qui sent la peinture verte et neuve de ses murs : un grand tableau noir, d’immenses fenêtres, trois rangées de bureaux à deux places et celui de l’homme qu’on n’appelle pas encore ‘le prof’ sur une estrade, comme pour affirmer qu’il peut tous nous surveiller d’un seul regard.

  L’homme s’assoit, il se présente: ‘’Bonjour, je suis Christian Daubresse, votre Professeur Principal, ma matière est le Français’’. L’homme a l’air sympathique : grand brun avec un sourire qui semble nous inviter à nous décontracter.

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Monsieur Daubresse

   Mais pas facile pour ces enfants qui ne sont pratiquement jamais sortis de leur coron. Le silence est total, l’anxiété à son comble !

   Tout à coup, l’homme se lève. Il ouvre les boites de craies qui se trouvent sur son bureau, prend un bâton dans chaque et se dirige vers le tableau noir. Il place une à une les craies de couleur dans la petite boite qui se trouve sous le tableau, près de l’éponge.

   Et là, au fur et à mesure qu’il en pose, il dit d’une voix de comédien : ’’Une blanche… une bleue… une rouge… une verte et ….. une marrone !’’.

   Quand on sait ce que veut dire ‘marrone’ en patois de chez nous, on comprend que cette sortie a fait éclater de rire toute la classe. La soupape a explosé, la pression s’est échappée sur un simple mot, un mot d’humour dont on se souviendra toute sa vie !

  Notre carrière de collégien peut commencer. Merci Monsieur Daubresse.

  C’était en septembre 1962, au Collège Michelet de Lens…

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3 Réponses à “Un jour de 1962 à Michelet”

  1. daubresse dit :

    cher CLAUDE
    ce que n’ont jamais su tous ces jeunes qui m’ont été confiés(pour un an, parfois suivis en 3ème),ce que je n’ai jamais dit à personne, ce que je peux CONFESSER maintenant(à 85 ans, on peut tout se permettre!!!) c’est que, à chaque RENTREE , j’avais un TRAC épouvantable je me demandais comment j’allais gagner la confiance de ces 30 gosses!! la plaisanterie avait un objectif: me rassurer moi- même!!!
    j’ajoute que les élèves de ton époque étaient faciles à conduire! c’était le bon temps de ma jeunesse!!! une de mes joies, en 2014, c’est encore de pouvoir serrer la main d’un « ancien » , rencontré en ville!!!

  2. LIMIDO dit :

    Bonjour « Lensois Normand » !
    Je vous ai déjà dit mon admiration pour votre production, mais une fois de plus, ce n’est pas trop.
    Je me demande comment faire pour vous lire en suivi, sans être obligée à chaque fois de vous « chercher ».
    Pour le récit de ma jeunesse (pour mes enfants) j’aurais aimé une photo de la pâtisserie-salon de thé » Favre de la place Jean-jaurès. Savez-vous comment je peux espérer trouver ça ?
    Je vous souhaite une bonne fin d’après-midi.
    Joselyne-Laura LIMIDO

  3. Bonjour et merci pour ce commentaire. Si vous le voulez, vous pouvez faire partie des personnes que j’avise lors de la parution d’un nouvel article. Il suffit d’en faire la demande à cette adresse : lensois.normand@sfr.fr

    Dernière publication sur Le lensois normand : C'est fini (pour le tome 1)

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