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NARODOWIEC, le journal des mineurs polonais

Posté par Le Lensois Normand le 8 mai 2014

    Il y a quelques temps, j’avais publié un article sur Narodowiec. Dans celui d’aujourd’hui, beaucoup de choses ont été précisées, de nouveaux documents apparaissent. Cette nouvelle version n’aurait pas été possible sans l’aide importante de M. Jean-Claude Kasprowicz qui a connu le journal jusqu’au jour de l’arrêt des publications. Voici donc l’histoire de NARODOWIEC, le journal lensois des mineurs polonais.

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   Enfant des corons de Lens, mes copains s’appellent Dupont, Caboche ou Renard mais aussi Michalak, Budchinski, Lewandowski, Stachowiak ou Tchaikowski. Lens et le bassin minier ont toujours été une terre d’accueil pour ces étrangers. Je ne parle pas des Espagnol ou des Prussiens, venus chez nous pour y faire la guerre mais des vrais immigrés du début du vingtième siècle : les polonais.

  Au tout début du vingtième siècle, après la terrible catastrophe des mines de Courrières de 1906 qui tue onze cents mineurs, le besoin de main d’œuvre dans l’industrie charbonnière est urgent. Arrivent alors dans le bassin minier les premiers ouvriers westphaliens d’origine polonaise en provenance de la Ruhr allemande. Ces immigrés ne sont pas acceptées par tous : certains syndicats protestent même auprès des compagnies qui emploient de la main d’œuvre étrangère sous-rémunérée et revendiquent ‘la préférence nationale’. Après la Première Guerre Mondiale, une nouvelle vague de travailleurs polonais arrive et s’intègre à la communauté minière. Entre 1920 et 1925, on estime à environ quarante mille le nombre d’ouvriers immigrés de ce pays.

   Les Polonais ont leurs pratiques, leurs églises, leurs commerces, leurs musiques, leur cuisine et même leurs banques. Dès 1920, ils créent leurs propres coopératives tenues par des femmes d’ouvriers…. Petit à petit, ils s’intègrent dans le bassin minier et partagent rapidement avec les lensois au point de se confondre rapidement dans la société et d’y devenir indispensables.

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   Si l’histoire de Lens est celle que l’on nous narre aujourd’hui, c’est aussi parce qu’elle a été faite avec les polonais, et ce pas seulement pour la gloire du RCL (rappelez vous entre autre, Placzek, Budzinski, Biéganski, Sowinski, Kosso, Théo puis plus tard les frères Lech, Krawczyk, Zuraszek, etc…).

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   La communauté polonaise lensoise a son journal : Narodowiec, (le Nationaliste). Ce quotidien sort de l’imprimerie du 101 de la rue Émile Zola à Lens. Narodowiec, qui est le symbole de la Pologne à Lens, devient incontournable dans le bassin minier. Il est entièrement écrit en langue polonaise et dans ses meilleures années publié à près de soixante mille exemplaires par jour. Il est alors le second quotidien régional derrière ‘La Voix du Nord’.

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   Narodowiec n’est pas né à Lens. C’est le 2 octobre 1909, à Herne, dans le bassin minier de la Ruhr allemande et où vivent de nombreux ouvriers étrangers polonais que Michel Kwiatkowski fait paraître le premier numéro de Narodowiec… en langue polonaise. A cette époque, la Pologne, qui a été désintégrée par les russes, les allemands et les austro-hongrois pendant plus d’un siècle, n’existe plus sous forme d’état indépendant et la langue polonaise est interdite.

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   Né en 1883 à Gniezno (Pologne Prusienne) d’une famille de petite noblesse, Michel François Kwiatkowski se lance dès l’âge de quinze ans dans la lutte pour l’indépendance de la Pologne en adhérant à une société secrète. Il devient journaliste après ses études de droit. En 1903, il entre à la Gazeta Gdanska (le journal de Gdansk) puis devient rédacteur en chef à Niarus Polski. C’est un nationaliste convaincu, un résistant contre le deuxième Reich. Il est condamné à plusieurs reprises pour ses idées et victime de tentatives d’assassinat.

   L’empire allemand prend la parution de Narodowiec comme une provocation dénoncée aussi par la presse germanique mais comme le succès est immédiat, il n’ose en interdire la diffusion de peur de provoquer des émeutes. Cependant, les faits et gestes du fondateur du journal sont surveillés de près. Dès les premiers numéros, de nombreux polonais devenus allemands par la force des choses achètent ce journal et y retrouvent le plaisir de lire la langue maternelle.

   Pendant la première guerre mondiale, un moment interdit comme toute la presse polonaise, Narodowiec est autorisé à reparaître à la condition de diffuser les communiqués de guerre allemands. Les articles de Kwiatkowski lui valent d’être de nouveau arrêté et emprisonné à la citadelle de Wesel (Rhénanie du Nord).

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  A la fin de la Première Guerre mondiale, l’indépendance de la deuxième république de Pologne est proclamée. Michel François Kwiatkowski se rend en Haute-Silésie pour défendre la cause polonaise pendant la campagne du plébiscite décidé par le Traité de Versailles sur la répartition des régions entre l’Allemagne et la Pologne. Lors des élections législatives de novembre 1922, Kwiatkowski et son épouse deviennent députés démocrates-chrétiens à la Diète de Silésie. Ils le resteront jusqu’en 1927.

   Mais la Pologne renaissante doit affronter le gros problème du chômage, véritable plaie, qui menace la stabilité du nouvel état. La France a besoin de main d’œuvre pour relancer  l’extraction minière. C’est la période de la migration de nombreux ouvriers vers les mines du nord de la France. Dès 1922, Kwiatkowski leur fait parvenir Narodowiec par la poste militaire française.

   En 1924, autorisé à s’installer en France en raison des services rendus à la cause des nations alliées, Michel Kwiatkowski rejoint les ouvriers polonais dans la capitale du Pays Minier. Il y amène son matériel d’imprimerie dans un convoi militaire français et s’installe rue Émile Zola. Le 12 octobre de la même année sort des rotatives lensoises le premier exemplaire de Narodowiec tiré à sept mille exemplaires. En Pologne, un journal de même tendance, Narod parait de 1924 à 1939 sous la direction de Marian Kwiatkowski, le frère de Michel. Marian sera assassiné sur ordre des autorités allemandes en 1940.

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  En France, Narodowiec va vite prospérer : quinze mille exemplaires en 1926, vingt-huit mille en 1928, trente-cinq mille en 1932 et plus de quarante mille à la veille de la deuxième guerre mondiale. Largement distribué à Lens, Narodowiec est lu aussi dans les mines du Gard, du Tarn, de l’Aveyron, de Lorraine où il est vendu par correspondance.

  En 1932, l’imprimerie de Lens édite la revue illustrée ‘Illustacja Polska’ qui est diffusée à neuf mille exemplaires. Elle éditera également la ‘Gazeta dla Kobiet’, un journal féminin catholique.

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   Narodowiec est considéré comme sans tendance politique mais franchement anti-communiste. Il a toujours dénoncé l’introduction de la politique dans la communauté polonaise contrairement à ‘Wiarus Polski’, un autre journal polonais imprimé depuis 1923 sur les rotatives du Grand Echo du Nord à Lille et dont Jan Brejski, le directeur, ne cache pas son appartenance au groupe national-ouvrier polonais.

   En 1926, un nouveau concurrent parait, imprimé aussi à Lille, ‘Glos Wychodzcy’ (La Voix de l’Émigré) dirigé par Antoni Ryczkowski mais il n’arrivera pas à rivaliser avec Narodowiec.

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   Avant la seconde guerre mondiale, l’ensemble des journaux constituant la presse polonaise en France tire à plus de cent vingt mille exemplaires. Outre Narodowiec et Wiarus Polski, on trouve Prawo Ludu (Le Droit du peuple) et Robotnik Polski (La Voix de l’ouvrier). Afin de pouvoir être lue par un maximum de leurs ressortissants, ils sont tous écrits en polonais.

   Les articles de Narodowiec sont tous écrits par des journalistes locaux qui rapportent les évènements de la communauté polonaise. Ils répondent aux besoins des lecteurs qui y voient un moyen de conserver l’identité de leurs origines. Narodowiec donne aussi des conseils aux polonais de Lens et de la région : contrat de travail, assurances de santé ou de retraite, demande de logements, procédures pour obtenir des documents officiels ou la naturalisation française… Le journal prend aussi la défense des travailleurs polonais : il dénonce les bas salaires, les discriminations et s’en prend aux compagnies minières. Ainsi, dans les années trente, il demande à ces compagnies et au gouvernement français des assurances afin que les nouveaux embauchés venus de Pologne ne soient pas licenciés puis expulsés en cas de baisse de la production comme cela a déjà été fait auparavant. En ce qui concerne la Pologne, Narodowiec s’oppose clairement à la politique autoritaire menée par le maréchal Pilsudski et ses successeurs.

   Les liens qui unissent Narodowiec à la population polonaise du bassin minier sont si étroits que des mineurs qui ne lisaient jamais de journal dans leur pays achètent maintenant ce quotidien pour rester en contact avec ‘leur’ monde. Parmi  ces mineurs immigrés, certains sont encore illettrés et se font lire le journal par un ami ou un membre de la famille. On estime que chaque exemplaire est lu par quatre personnes au moins.

   En 1932, l’imprimerie du numéro 101 de la rue Émile Zola emploie cinquante personnes afin que les exemplaires quittent chaque jour les rotatives à l’heure dite.  En 1936, parmi les journalistes on trouve pour la première fois une femme : Stanislawa Koslowska.

   Le 1er septembre 1939, l’armée allemande pénètre en Pologne. Narodowiec lance un appel afin de créer une armée polonaise en France. Le général Wladyslaw Sikorski forme à Paris un gouvernement polonais en exil aussitôt reconnu par les pays libres. Michel Kwiatkowski est nommé membre du Conseil National.

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   Il cesse la diffusion du journal dès que les troupes germaniques envahissent Lens en mai 1940. Recherché par la Gestapo, il part pour l’Angleterre retrouver le général Sikorski qui s’y est réfugié après la défaite française.

  Dès les premiers jours suivant la Libération de Lens, les membres de l’organisation de lutte pour l’indépendance de la Pologne reprennent l’imprimerie de la rue Zola afin de relancer le journal qui reparait en décembre 1944 après le retour de Michel Kwiatkowski.

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  Narodowiec reprend son rang d’institution régionale. Il propose jusque trente-deux pages écrites par une véritable équipe de journalistes passionnés de leur nation d’origine. On peut y lire des nouvelles de tout le nord de la France, de Paris, de la France entière, du Benelux et y trouver également toutes les rubriques d’un quotidien ‘normal’ : politiques, sociales, financières, agricoles, médicales, culturelles. Il comporte également le courrier des lecteurs, un feuilleton, des bandes dessinées dont les aventures de Rafala Pigulki dessinées par André Daix connu en français sous le nom de Professeur Nimbus. Narodowiec est lu dans tout le bassin minier mais aussi vendu par correspondance à des abonnés de toute la France et même de l’étranger.

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   Dans la seconde moitié du vingtième siècle, quatre-vingt personnes sont employées à l’imprimerie de la rue Émile Zola pendant six jours et six nuits afin que le journal respecte ses horaires de distribution. Les bureaux de la rédaction ouvrent dès six heures et à quatorze heures, un véhicule transporte les journaux dans les gares de Lens et d’Arras tandis que dans les corons de Lens, deux cents colporteurs les mineurs distribuent aux familles polonaises dès la fin de l’après-midi ‘leur Narodowiec’ daté du lendemain ! D’autres personnes sont chargées d’imprimer tracts et documents pour des commerçants, des artisans ou même des particuliers.

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   Tous les enfants d’immigrés polonais se souviennent de Narodowiec :

         -  Mon grand-père le lisait et moi, petite, je trouvais que c’était un drôle de journal.

       – C’est dans ce journal que j’ai commencé d’abord à lire le polonais avant de rentrer en maternelle française, mes parents y étaient abonnés il y a plus de quatre-vingt ans.

       – Narodowiec… Grande aide à l’apprentissage du Polonais en ce qui me concerne, aussi ! Mes parents le recevaient également, car nous vivions en région parisienne ! A sa disparition, il nous a manqué !

       – Dans Narodowiec, moi je regardais surtout les vignettes de Rafal Pigulka (Professeur Nimbus) avec son grand chapeau et son froc à queue de pie, vu que j’étais furieusement réfractaire à l’apprentissage de la lecture du polonais.

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        – J’aimai également regardé les bandes dessinées de Nimbus et les titres des reportages comme par exemple Echa Dnia (les échos du jour) avec lesquelles j’apprenais le polonais avec mon père…

         – Dans les années soixante mon grand-père et ma grand-mère Babtia lisaient Narodowiec surtout le soir. Ils se partageaient les pages. On n’avait pas la télé et moi je lisais la petite bande dessinés Pigulki. Un souvenir merveilleux de mes grands parents.

    En 1959, Narodowiec fête son cinquantième anniversaire. Parmi les nombreux messages reçus à la rédaction figure celui de John Kennedy, Président des Etats Unis.

   En 1962, Michel François Kwiatkowski qui décédera d’un accident à Vichy le 21 mai 1966 à l’âge de quatre-vingt trois ans laisse la direction du journal à son fils Michel Alexandre aidé de son épouse Eliana.

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   Michel Alexandre Kwiatkowski, diplômé des universités de Cambridge (économie politique) et de Lille (lettres), poète et écrivain (on lui doit deux livres consacrés au pape Jean Paul II), effectue rue Émile Zola ses premiers pas de journaliste.

    Démocrate chrétien comme son père, il s’opposera autant au gouvernement polonais en exil à Londres qu’au régime communiste de Varsovie.

   A partir des années soixante-dix  la récession de l’exploitation charbonnière et la disparition progressive des premières générations d’immigrés polonais font que les ventes diminuent. Les jeunes générations parlent moins la langue de leurs parents et sont plus intéressés par une télévision en plein essor que par la presse écrite. Narodowiec n’est plus tiré qu’à trois mille exemplaires et l’imprimerie n’est plus rentable. Michel Alexandre doit finalement abandonner. Le dernier numéro sort des rotatives lensoises le lundi 19 juillet 1989 et les locaux de la rue Zola fermés.

    Vingt ans plus tard, lors de l’exposition sur le centenaire de la première parution du journal, l’association des Amis de Narodowiec déclare : ″Le journal reste une véritable fenêtre à travers laquelle les générations futures peuvent regarder pour ne pas oublier ce siècle de l’horreur″.

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Les amis du lensois normand

Posté par Le Lensois Normand le 30 octobre 2013

   A ce jour, l’ensemble des tomes du blog du lensois-normand a recueilli plus de 320 000 visites. Alors, rien que pour vous, quelques liens et nouvelles d’amis de ce lensois-normand.

   Sur Internet, retrouvez d’abord un site superbe (bien que toujours en construction m’a dit son auteur, la petite fille du fondateur de la société) sur les transports Abel Biervois de Lens. Un historique complet, des documents inédits et une galerie photos superbe. C’est à voir sur : http://www.biervois.fr/

 Les amis du lensois normand dans La ville biervois

  Autre site : le Racing Club de Lens vu autrement.  »TeamFoot offre une tribune d’expression aux passionnés » annonce la page d’accueil du blog créé par un supporter du RCL exilé au Québec. C’est ici : http://www.teamfoot.fr/

logo_lens dans Le Racing

   Une artiste lensoise mérite qu’on aille à sa rencontre. Après avoir exposé ses peintures et sculptures à Liévin cet automne, Guislaine LEROSIER sera de la fête lors de l’inauguration des nouveaux vitraux de l’église Saint Amé du 3 de Lens à Liévin le 4 décembre prochain. Une exposition inspirée de la vie des mineurs. Admirez ses œuvres ici : http://guislaine.over-blog.com/

lerosier dans Lens

   Noël approche et la Société Chorale Lensoise (son histoire sur le blog du lensois normand : http://lelensoisnormandtome3.unblog.fr/search/chorale) va donner comme chaque année plusieurs concerts  »Trompette, choeurs et orgue » dans la région. Les dates arrêtées pour l’instant sont :

      – Le 6 décembre à l’église St Théodore de Lens (cité du 9).

      – Le 13 décembre au Temple d’Hénin-Beaumont

      – Le 14 décembre à l’église St Denis d’Avion

   Vous pouvez retrouver la Chorale Lensoise sur Facebook : https://www.facebook.com/pages/Chorale-Lensoise/105714189490859?fref=ts

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    Un autre lien qui n’a rien à voir avec Lens (si, un peu quand même !) et dont je connais parfaitement l’auteur. Le travail du bois par le chantournage permet de réaliser jeux, jouets, décorations ….  Quelques idées cadeau pour Noël ? C’est à voir ici : http://chantournage.over-blog.fr/

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    Enfin, le site des archives de la ville de Lens avec de magnifiques vidéos anciennes qui nous rappelleront l’histoire de Lens (les géants, les ducasse, l’Apollo, le patrimoine minier, le Tour de France, etc …). A voir absolument (http://www.villedelens.fr/histoire/les-archives-municipales.html)

   Dans le cadre du centenaire du début de la Première Guerre Mondiale et de l’occupation de Lens par les allemands le 4 octobre 1914, le Services des Archives recherche toutes sortes de documents d’époque (objets, textes, photos, correspondances …). Si vous en possédez, contactez le service des archives par mail : adavid@mairie-lens.fr

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Quand Lens se met à chanter !

Posté par Le Lensois Normand le 30 mai 2013

   Pour chanter à Lens, il n’y a rien de plus simple : il suffit de s’inscrire à la Société Chorale Lensoise. Cette association, née au lendemain de la seconde guerre mondiale, a vu passer de nombreuses chanteuses et de nombreux chanteurs anonymes et d’autres un peu plus connus.

   Dans les pages suivantes, nous allons découvrir que l’on peut être lensois et artiste en prenant connaissance de l’histoire de la Chorale Lensoise et de deux artistes qui lui sont étroitement rattachés : Moïse Dupuis et Suzanne Lefort.

   J’ajoute que ces textes n’auraient pu voir le jour sans la collaboration efficace de Gérard Delmarre, actuel président de la Chorale et de Jean Marc, son papa dont la mémoire d’éléphant nous a évité bien des recherches.

    Alors, chantez maintenant …….….

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   C’est dès 1942 que Moïse Dupuis, un grand musicien lauréat du Conservatoire de Paris, réunit chez lui à Lens quelques passionnés de chant choral.

   Sur les conseils d’Ernest Schaffner, lui-même fin amateur de belles musiques, il décide de créer une chorale. C’est ainsi que le 8 mars 1946 est déclaré à la sous-préfecture de Béthune la création de la Société Chorale Lensoise dont le siège social est implanté au 45 rue François Gauthier (dans la salle de l’école de musique municipale). L’association parait au Journal Officiel le 22 mars. Elle est composée d’une vingtaine de choristes.

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   La commission de la SCL est alors constituée comme suit : Directeur-Président, Moïse Dupuis ; Secrétaire, Lucien De Schepper ; Trésorier, Claudine Vala ; Archiviste , Pierre Palmaert ; Administrateurs, Paulette Lardé et Rachel De Schepper.

   Le Docteur Ernest Schaffner, qui sera Maire de Lens l’année suivante, accepte aussitôt d’en être le Président d’Honneur.

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   Dans les statuts de l’Association ‘loi 1901′, la ‘Chorale’ définit ses buts :l’étude et la diffusion du chant choral et servir la musique dans toute la mesure de ses possibilités

   Dès les premières années, la SCL organise ou participe à de nombreux concerts de musique vocale et instrumentale à Lens :

    – le mardi 9 Juillet 1946 Concert à la Salle Gabilly (rue de la Gare) avec Madame Delvigne (violoncelle) ; Messieurs Loridan (basson) et Delvigne (trompette) ; le trio d’anches (Loridan, Pouillart, Dupuis).

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     – le mercredi 11 Décembre 1946 toujours à la salle Gabilly avec le concours de Monsieur Largillière (clarinettiste Premier Prix du conservatoire de Lille) Monsieur Delvigne (Premier Prix du conservatoire de Paris) Messieurs Caulier, Sénéchal, Delattre, Delemailly, Boulanger, Mayeux (Trompettistes) ; Monsieur Dhaene (Tromboniste, Premier Prix du Conservatoire de Paris, Soliste de la Radio Diffusion Nationale, Professeur au Conservatoire National de Musique de Lille); au piano: Melle Hoyez, Premier Prix du Conservatoire.

    – le Mercredi 11 Juin 1947: Gala organisé par la Société Philharmonique de Lens à l’Apollo (place de la gare) avec le concours de la SCL. Au programme: “L’Arlésienne” de Georges Bizet.

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    – le Mercredi 17 Décembre 1947 avec la participation de Monsieur Gourdin, bassiste, Lauréat du Conservatoire de Lille ; Monsieur Hollande, hautboïste, Premier Prix du Conservatoire de Paris ; la chorale des Elèves de l’école Carnot sous la direction de Monsieur Breuvart, Instituteur, avec au piano d’accompagnement, Melle Hoyez.

    – le Dimanche 20 Juin 1948 : Participation à la Messe Solennelle à la mémoire du Maréchal Leclerc, en l’Eglise St Léger organisée par l’Association des Français Libres.

    Selon la volonté de son Président, le répertoire de la Chorale est très varié : chants spirituels, profanes, classiques, modernes, folkloriques…. L’association permet à de nombreux jeunes chanteurs de monter pour une première fois sur scène. Elle organise également des échanges culturels avec d’autres groupements d’amateur de musique.

    Très vite, Moïse Dupuis abandonne la présidence de la chorale à M. Jean Dujardin puis M. Robert Ménard, coiffeur à Lens. Moïse a hissé la chorale à un tel niveau de qualité qu’elle est très appréciée et demandée dans tout le Bassin Minier et même au delà.

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    Dès ses débuts, la Chorale participe ou organise de nombreuses manifestations dont il n’est pas possible de citer la totalité :

  • Le Festival du Chant Choral de Lille en 1950 (diffusé sur toutes les radios européennes et même en Amérique)

  • Le 16 janvier 1951, elle organise à l’Apollo un grand gala avec le ballet de l’Opéra de Paris au profit du bureau de bienfaisance de Lens

  • Un Gala de Danse avec la corps de ballet de l’Opéra de Lille toujours en 1951

  • Le 15 février 1952, à la salle des Fêtes des Mines, Route de Béthune, un concert sous le patronage de M. Chaix, Directeur des HBNPC avec la quatuor de clarinettes de Paris.

  • En 1952 également, un enregistrement à la RTF diffusé sur ‘Paris-Inter’

  • A l’occasion du 10è anniversaire de sa création en 1956, est organisé un Gala de danse avec la participation des ‘Jeunesses Municipales’ et du ‘Groupement des Artistes Indépendants de Lens’ présidé par M. Alfred Sorriaux ainsi qu’un grand concert à la salle des Fêtes des Houillères de la Route de Béthune

  • En 1959, elle est à l’origine à Lens du 1er Festival de Chant Choral, présidé par Louis Durey, compositeur et membre du célèbre ‘Groupe des Six’.Louis Durey (1888-1979), l’ainé du ‘Groupe des Six’, un groupe de compositeurs réu-nissant aussi Georges Auric (1899-1983); Arthur Honegger (1892-1955); Darius Milhaud (1892-1974); Francis Poulenc (1899-1963) et Germaine Tailleferre (1892-1983). Ils avaient pour maîtres à penser Erik Satie (1866-1925) et Jean Cocteau (1889-1963).

  • C’est aussi cette année là , début novembre,qu’est présenté à Liévin et à Lens un concert avec l’Harmonie des Mines et la chorale de Liévin.

  • En 1961, elle participe à un concert de gala organisé par la Société Bayer à Leverkusen (Allemagne de l’Ouest)

  • Elle concourt au 2è Festival du Chant Choral de l’ORTF en 1962 où elle reçoit une Mention d’Honneur

  • La même année, en décembre, la Chorale était aussi présente au gala de l’ORTF qui a lieu à Douai

  • A l’occasion du millénaire de la ville de Luxembourg, elle remporte les deux premiers prix en exécution d’œuvres imposées et libres en 1963

  • Le 30 Octobre 1963, la chorale est encore présente au Concert d’Hiver du Groupe des HBNPC de Lens-Liévin en présence de M. Michaux, Directeur. Avec Pierre Moreau, baryton, 1er Prix du Conservatoire de Paris, elle interprète quelques extraits du Couronnement de la Muse de Gustave Charpentier pour chœur mixte et orchestre d’harmonie. Moïse Dupuisayant obtenu, non sans mal, l’autorisation de la famille du compositeur.

  • En 1966, à l’occasion de son 20è anniversaire, la Chorale Lensoise se produit dans une série de concerts avec la participation de l’orchestre ORTF de Lille et organise à Lens, un festival régional.

   Les activités sont nombreuses. Pour exemple, le printemps 1960 est très chargé pour les choristes et leur encadrement : 20 avril, Gala ‘Jazz Negro’ à la Salles des Fêtes des Mines de Lens avec l’Orchestre Noir de Paris ; 22 mai : sortie annuelle à Reims suivie dès le lendemain par un concert à Arras avec une chorale allemande ; 29 mai : Fête « Danse, Musique et Chœur » organisée par le Chorale au jardin Public de Lens ; 12 juin, retour à Arras pour un festival Chorale et le 18, audition au gala des congrès de la fête des musiques du Nord-pas de Calais.

    En 1966, après le décès brutal de Monsieur Ernest Schaffner, André Delelis, élu Maire de Lens devient à son tour Président d’honneur de la Chorale.

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   Dans les années 70, les répétitions avaient lieu dans la salle de sports du Collège Campan, rue Romuald Pruvost. Aujourd’hui, elles se déroulent au Centre « Léon Jouhaux », rue Eugène Bar.

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   En 1975, Madame Francine Laurent devient Présidente avant d’être remplacée en 1984 par Madame Marie Blanche Larde. La Chorale Lensoise est présidée et dirigée aujourd’hui par Gérard Delmarre, un ‘élève’ de Moïse Dupuis.

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    La Chorale continue à faire vivre le chant dans le bassin minier et au delà :

  • En 1976, elle organise ‘Mai Culturel à Lens’ conjointement avec les autres chorales ‘Acoeur Joie à Lens ’ et ‘Cœur du Rail’ et l’Harmonie Municipale

  • 1979 : Elle participe au 250ème anniversaire de la Passion selon Saint Mathieu de JS Bach

  • On le retrouve en 1983 au Festival de’Anvers

  • L’année suivante, elle enregistre au Colisée à Lens, un disque avec l’Harmonie Municipale.

  • En 1985, la Chorale donne 9 concerts dont un toujours au Colisée avec le pianiste Alain Raes et le violoncelliste Yves Desmons

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  • C’est l’année suivante qu’elle fête ses 40 ans par une grande fête à laquelle participe M. Jean Souvraz, Sous-Préfet de Lens et André Delelis, Sénateur-Maire, fête qui débute par un récital au Foyer Jean Moulin de Lens.

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  • Quelques mois plus tard, elle apporte son soutien à la rénovation de l’église polonaise de Lens (qui sera baptisée Eglise du Millenium).

  • En 1995, pour préparer la saison du cinquantenaire, elle donne son premier concert de l’année au Colisée et participe à de nombreuses manifestations comme la Sainte Cécile, le Téléthon et bien sur, la Fête de la Musique

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  Depuis c’est Gérard Delmarre (à droite sur la photo ci-dessus), le dernier élève de Moïse Dupuis qui préside et dirige la Chorale.

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   C’est à partir de cette année que la Chorale Lensoise devient partenaire du grand chanteur qu’est José Todaro. Gérard Delmarre raconte : « En Septembre 1995, première rencontre avec José Todaro après des mois passés au téléphone pour mettre au point le tout premier spectacle à Arras, au Théâtre municipal en Octobre pour un concert au profit de l’Association des Sclérodermiques de France dont il est l’un des parrains avec Jean-Claude Dreyfus et Christian Marin. Dès lors, on ne s’est plus jamais quitté ! Il m’a contacté pour chanter à Viarmes (lès Chantilly), puis Lens, Douvrin, Loos en Gohelle, Calais, Lille (Sébastopol), Chimay, Charleroi, Lobbes (Belgique, village où Julie et Mélissa avaient subi les assauts pédophiles du réseau des époux Dutroux)».

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   Gérard Continue : «José Todaro nous invite à Troyes (NDR : avec le Groupe Vocal de Liévin dirigé aussi à l’époque par G. Delmarre), au théâtre de Champagne le 24 Mars 1996, quasiment 50 ans jour pour jour après la création de la chorale. A cette époque bénie, on ne connaissait pas la crise et M. Todaro avait obtenu des organisateurs de nous affréter un bus et de nous donner à manger pour pouvoir l’accompagner dans son tour de chant.

   Le programme, devant plus d’un millier de spectateurs, dans ce cadre grandiose, est un hommage à Luis Mariano.

   Association toujours aussi dynamique, la Société Chorale Lensoise, bientôt septuagénaire et plus ancienne association lensoise reste aujourd’hui l’une des références du Nord-Pas de Calais en ce qui concerne le chant choral.

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Lors du concert donné à l’EHPAD « Désiré Delattre » à l’occasion de la coupe du monde de football en 1998 à Lens

   Ses activités, toujours aussi nombreuses, la font arpenter les villes de la région où, toujours devant un public averti, elle présente un spectacle d’excellente qualité. La Chorale est toujours à la recherche de nouveaux talents alors peut-être qu’un jour, on vous dira à vous aussi ‘Et bien, chantez maintenant ».

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Lens et ses armoiries

Posté par Le Lensois Normand le 18 août 2011

 Chaque ville peut posséder ses armoiries mais la loi ne permet pas de faire n’importe quoi. Le blason d’une commune doit être inspiré des sceaux qui étaient utilisés par les autorités lors des siècles passés et répondre à des normes bien précises pour être approuvé par l’Archiviste du Département de la commune.

Les premières armoiries dessinées à Lens semblent être celles de la famille de Lens qui possédèrent la Châtellerie de Lens dès 975 (avec Watier de Lens) suite au rattachement de l’Artois à la Flandre. Cette châtellerie existait déjà aux environs de l’an 900 est était tenue par des seigneurs féodaux qui dépendaient du châtelain. Son territoire s’étendait sur la majeure partie de la Gohelle. Au 10ème siècle, un châtelain de Flandre devenu chef d’une puissante famille prend le nom « de LENS ». Ils conserveront la châtellerie jusqu’en 1312 ( Jean IV de Lens) avant qu’elle ne passe à la maison de Récourt.

Les armes de la famille de Lens et donc de la châtellerie sont alors : ‘Ecartelé d’or et de sable’. (dictionnaire Historique et Archéologique du Pas de Calais – tome 3)

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De nombreuses villes du Pas de Calais comme Annequin, Sailly la Bourse, Neuve-Chapelle ou Camblain ont conservé dans leurs armoiries, des traces de la famille de Lens. Les anciennes armes d’Hulluch y faisaient aussi référence.

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Un acte de confirmation des possessions de la collégiale Notre Dame par le Comte Eustache prouve que la ville de Lens a déjà été créée en 1070 (Les origines urbaines de Lens en Artois Pierre Beuchère 1952).

Vers 1200, Lens possède un château mais reste un bastion militaire, un centre administratif de châtellenie et de baillage (endroit où l’on rend la justice). En 1228, un sceau du baillage de Lens reproduit le château. (Alfred Buquet – Lens, son passé, ses houillères).

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Entre 1300 et 1700, le sceau du baillage de la ville de Lens n’a pas beaucoup évolué. Le château est remplacé par sa représentation stylisée de 3 tours. Vers 1400, les fleurs de lis lui sont ajoutées et une herse est visible à la porte. Elle est remplacée vers 1700 par ‘le monde sommé d’une croisette’ avec comme légende ‘Lens en Artois’.(sceaux reproduits par Alfred Buquet – Lens, son passé, ses houillères).

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Les couleurs de l’écu de Lens ne sont pas clairement définies au 17ème siècle. Dans « Histoire des Villes de France » d’Aristide Guilbert, les armoiries de Lens sont ainsi définies : elles sont ‘de gueule au château d’argent cantonné de deux fleurs de lys de même’. Cela signifierait il que le fond du blason fut rouge comme le laisse entendre l’expression ‘de gueule’ ? Cependant vers 1650, dans les albums de De Croy, sur les gravures représentant la ville de Lens, l’écu est composé d’une seule tour de couleur rouge sur un fond argenté. Les deux fleurs de lys l’encadrent.

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A cette époque, les armoiries de la ville de Lens sont ainsi définies par Borel d’Hauteville dans son ‘Armoriel d’Artois’: ‘D’argent à la tour d’or, maçonné de sable et accostée de deux fleurs de lis aussi de sable’. C’est cet emblème qui semble être dessiné dans les albums de De Croy représentant la plaine de Lens bien que les couleurs ne soient pas tout à fait celles définies.

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Borel d’Hauteville décrit aussi les armes du corps des magistrats (l’Echevinage : regroupement de notables désignés pour rendre la justice et assurer la police de la ville): ‘d’azur à un château donjonné des trois tours d’or, garni de sa herse de même, et accosté de deux fleurs de lys, aussi d’or’. L. Danscoine dans monnaies, méreaux de la ville et de l’arrondissement de Béthune, en 1859, confirme cette définition comme étant celle des armes de la ville de Lens en souvenir de la maison royale et des princes ‘de première race’ de l’époque mérovingienne. C’est donc certainement dans la seconde moitié du 17ème siècle que la ville de Lens prit définitivement comme armoiries celles du corps des magistrats.

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Vers 1700 donc, la herse de la porte disparaît au profit d’une représentation de la terre et d’une croix. La définition des armoiries de la ville sont ainsi définies : ‘D’azur au château formé d’une grosse tour, crénelée, ajourée et ouverte, l’ouverture coulissée et chargée d’un monde sommé d’une croisette; la grosse tour flanquée de deux autres plus petites aussi crénelées, ajourées et ouvertes, le tout d’or; le château accosté de deux fleurs de lis aussi d’or’.

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  Après la révolution de 1789, la ‘commune’ de Lens utilisa, pour les en-tête de ses documents officiels une gravure d’un certain Lepagelet (Bulletin de la Commission Départementale des Monuments Historiques de 1909).

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  Cette vignette représente un palmier coiffé du bonnet phrygien et deux citoyensqui se serrent la main. La devise inscrite est : ‘L’Egalité fait la Liberté’ comme le démontre cet extrait du bulletin :

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Après la première guerre mondiale au cours de laquelle la ville de Lens a atrocement souffert, la croix de Chevalier de la Légion d’Honneur (décret du 30 août 1919) et la croix de guerre 1914-1918 avec palme (décret du 30 août 1919) ont été décernées à la ville. Elles ont alors pris place sur les dessins représentant les armoiries.

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En 1927, le blason utilisé pour l’affiche annonçant l’inauguration de la gare est plutôt fantaisiste et n’a rien d’officiel.

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 Il faut dire que bien souvent, lorsqu’on voulait représenter Lens par un logo, on pensait plutôt aux Mines de charbon qu’au blason de la ville comme sur cette oblitération pour la Foire Commerciale de 1939.

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En 1948, la croix de guerre 1939-1945 avec palme (décision n° 79 du 11 novembre 1948) est attribuée à la ville de Lens, on dit alors que le blason ‘est timbré d’une couronne murale d’or et est soutenu par deux palmes de sinople posés en sautoir. A l’écu sont appendus les trois décorations’. Les palmes d’or symbolisent les victoires de la ville souvent détruite au cours des siècles et qui sut à chaque fois se relever; elles représentent le chêne, symbole de la force et l’olivier, la paix. Les quatre tours servant de couronne symbolisent la ville lorsqu’elle était fortifiée.

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Cette version officielle, adoptée par décision du Conseil Municipal le 5 novembre 1951 a été dessinée par Robert Louis, dessinateur symboliste des services officiels. Voici la même, en noir et blanc pour les documents et courriers de la ville :

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L’Histoire de Lens est enfin entièrement représentée dans ses armoiries :

  • la couronne de 4 tours pour la ville fortifiée qu’elle a été jusqu’au 17ème siècle

  • les palmes rappelle toutes les guerres subies par la ville

  • les trois tours, le château où siégaient la châtellenie et le baillage

  • les fleurs de lis, la maison royale

  • les croix les citations reçues par la ville après les deux guerres mondiales

La définition officielle des armoiries de la ville devint la suivante :

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Une autre version fut soumise au Conseil Municipal en 1945. Elle avait été réalisée par le Docteur Bourriau mais a été refusée certainement parce qu’elle ne représentait pas assez la ville et n’était pas conforme aux règles de la reproduction des armoiries.

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Cependant, différentes versions ‘moins officielles’ de la représentation des armoiries de Lens ont existé.

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Dans les années 70, le blason du Racing Club de Lens qui, jusque là, ne comportait qu’une lampe de mineur prend en compte son rapprochement avec la municipalité en y ajoutant une partie des armoiries de la ville.

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Les armoiries de la ville représentées sur les cartes postales étaient très à la mode dans les années 60/70

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Mais dans ce cas, il faut vérifier ses sources et ne pas faire comme sur celle ci. C’est le blason du Département du Nord qui illustre les photos de Lens !

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Les armoiries ont également souvent été représentées en philatélie.

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Un timbre de collection a été émis en 1970. Il représente les chevalets des mines de Lens, une lampe de mineur et ses outils ainsi que le blason simplifié de la ville.

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Lors de la mode des pin’s, les armoiries furent également souvent utilisées par les associations.

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Bien sur, les armoiries de la ville ont aussi toujours figuré sur les fanions et instruments de l’harmonie Municipale.

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Il y a peu, le Conseil Municipal a décidé de changer le logo de la ville pour le moderniser : les couleurs bleues et jaunes de la ville ont disparu, le château aussi. C’est un autre style !!!

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Publié dans Histoire, Lens | 3 Commentaires »

 

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