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15 Juin 1952 : Madame Auriol à Lens

Posté par Le Lensois Normand le 9 novembre 2013

   Il fut un temps où les compagnes des présidents de la République Française n’assuraient pas leur notoriété en grattouillant une guitare ou en envoyant des tweets.

   Il fut un temps où les compagnes des présidents de la République Française méritaient de par leur comportement et leurs actions le titre de ‘Première Dame de France’.

   Ce fut ainsi le cas de Madame Vincent Auriol, née Michelle Aucouturier. Fille d’un ouvrier verrier, créateur d’une entreprise coopérative où tout le monde est ouvrier et tout le monde est patron. Elle-même membre de la SFIO, elle épouse à 16 ans un jeune avocat, rédacteur en chef du ‘Midi Socialiste’ nommés Vincent Auriol.

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   Lorsque son mari est élu Président de la République en janvier 1947, Michèle Auriol ne veut pas se contenter de jouer les potiches. Elle est très active dans le domaine social et ouvre les portes du Palais de l’Elysée à tous les français, quelque soit leur rang.

   C’est donc sans surprise que cette ancienne résistante accepte en 1951, à l’invitation du Maire de Lens Ernest Schaffner, de venir parrainer l’année suivante les fêtes du Centenaire du début de l’exploitation charbonnière dans la capitale du pays minier.

  Ces fêtes dureront deux semaines encadrées par des spectacles au stade Bollaert (voir l’article sur les fêtes de Lens en 1952 à cette adresse : http://lelensoisnormandtome3.unblog.fr/2012/06/21/1952-les-fetes-du-centenaire-du-charbon-a-lens/ ).

  Le 15 juin dans la matinée, la ‘Delage’ dans laquelle a pris place Madame Auriol arrive à Lens. Paul Ribeyre Ministre de la Santé publique et de la Population l’accompagne. Elles est accueillie par Georges Phalempin, Préfet du Pas de Calais, Ernest Schaffner, Maire de Lens et Jean Michaux, Directeur du Groupe Lens-Liévin des HBNPC.

   La journée ne fut pas des plus reposantes pour Madame Auriol. La matinée commence par l’inauguration du nouveau centre médico-scolaire de la rue Arthur Lamendin puis elle se rend Route de Béthune où elle procède à une autre inauguration, celle du grand complexe du centre de Formation des Mines de Lens et de sa ‘mine-image’.

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   Puis Madame Auriol se rend au centre médico-social pour y saluer deux des dernières femmes à avoir été mineurs de fond. Après le déjeuner officiel offert par la municipalité, le cortège officiel se rend au stade Félix Bollaert où sera donné un spectacle réalisé par les enfants des écoles de Lens.

    Madame Auriol est accueillie par vingt mineurs médaillés du travail qui lui font une haie d’honneur. Selon la presse de l’époque, l’épouse du Président de la République porte un tailleur gris et un chapeau ‘bois de rose’ garni de noir.

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   Ce fut d’abord les fillettes des écoles des cités 4, 9, 11, 12 et Berthelot qui miment la chanson du Petit Quinquin. Puis les garçons de l’école Carnot, habillés en mineurs, retracent les différentes activités du travail de la mine.

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   C’est ensuite le tour de trois groupes de jeunes filles des centres d’apprentissage des mines qui, habillées de bleu, de blanc et de rouge, rendent hommages aux trieuses, ces femmes de la fosse.

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   Arrive alors le tour des filles de l’école Campan. Elles effectuent plusieurs danses représentant les loisirs des mineurs au cours des quelles elles évoquent les combats de coqs, La Napoule, les parties de belote et le jardinage.

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   Enfin, la principale représentation de ce spectacle est constituée des mouvements d’ensemble effectués par un millier d’écolières lensoises et dirigés par M. Vermeesch, Responsable du service d’éducation physique à la ville de Lens.

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   La presse n’hésite pas à souligner l’enthousiasme de Madame Auriol  »qui se lève plusieurs fois pour applaudir’ et qui possède  »l’art de gagner tous les cœurs par son charme discret et sa gentillesse souriante ».

   En fin d’après midi, la Delage emporte Madame Auriol vers Paris en traversant les rues de la ville pavoisées, ovationnée par les famille de mineurs à qui  »elle répondait simplement d’un signe de la main ».

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1952 : les Fêtes du centenaire du Charbon à Lens

Posté par Le Lensois Normand le 21 juin 2012

   Du 14 au 29 juin 1952, la capitale du Pays Minier est de nouveau en liesse: on y fête en grandes pompes le centenaire du charbon à Lens : la Société d’Exploitation de la Compagnie des Mines de Lens fut en effet constituée le 11 février 1852. Le journal du groupe de Lens-Liévin des HBNPC titre sur cet événement.

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    Pourtant, tout le monde ne voulait pas de cette fête : Au Conseil Général, le 19 mai 1952, le maire communiste d’Outreau Jean Bardol refuse de voter une subvention à la ville de Lens pour ces fêtes du centenaire du charbon. Pour lui, ces festivités glorifient un siècle d’exploitation féroce.

    Cependant, elles auront bien lieu ces fêtes et elles seront grandioses ! La Ville de Lens se joint à la direction locale des HBNPC pour son organisation. L’évènement est jugé si important que les PTT éditent une flamme postale à cette occasion.

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   Tout commence le 14 juin avec une retraite aux flambeaux et un grand défilé à travers la ville de chars ayant pour thème le charbon, la mine, les mineurs et leur travail, leurs loisirs …. Chaque cité, chaque association a fait le sien : de la période d’avant le charbon quand Lens n’était qu’une bourgade agricole à la lampe de mineurs géante.

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   Donc ce samedi, le cortège s’est rassemblé sur la place Jean Jaurès où un feu d’artifice est tiré. Plus de 15 000 lensois y sont regroupés malgré la pluie pour admirer le spectacle. Puis, entouré d’une haie continue de feux de Bengale, le défilé suivi par la foule se dirige à travers les rues de Lens décorées vers la Salle des Fêtes de Place du Cantin.

    L’Harmonie Municipale et celle des Mines de Lens réunies y donnent un concert. Une fois celui ci terminé, un animateur surnommé ‘Napo’ annonce l’ouverture officielle des fêtes du Centenaire.

    C’est alors qu’apparait sous le feu des projecteurs, un splendide char supportant la reproduction de la fosse 1 qui se trouve sur la Route de Béthune, la première à avoir été mise en service par la Compagnies des Mines de Lens en 1852.

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    Le concert est suivi d’un grand bal populaire animés par deux orchestres. La foule est si nombreuse que des couples vont danser dans les jardins attenant à la salle et même sur la place où la musique est retransmise par des hauts-parleurs.

    Le lendemain après une courte nuit, Lens reçoit Madame Auriol, épouse du Président de la République. Venue inaugurer le Centre médico-scolaire de la rue Lamendin et le Centre de Formation des Mines de Lens de la Route de Béthune, Madame Auriol rend aussi visite à deux vieilles dames, mesdames Lheureux et Sénécaut qui furent parmi les dernières femmes  »mineurs de fond » vers 1876.

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   Puis l’épouse du Président, accompagnée par le Docteur Schaffner, Maire de Lens et M. Michaux, Directeur du Groupe Lens-Liévin des HBNPC, rend visite aux frères Flanquart qui totalisent à eux sept 245 années de travail au fond. Ces derniers seront d’ailleurs invités à un repas dans un grand restaurant lensois dont l’histoire ne donne pas le nom.

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   L’après midi, au Stade Bollaert, c’est la Fête des Écoles lensoises. Tous les élèves des cours moyens se regroupent à leur école avant de défiler au pas jusqu’au Stade où, tous ensemble, ils exécutent les lendits ou des exercices gymniques. Dans la tribune, MM. Schaffner et Michaux félicitent les élèves mais aussi M. Percheron, Inspecteur de l’Education Nationale et Vermerch, professeur de gymnastique, l’organisateur en chef des mouvements d’ensemble.

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  Puis vint la fête de nuit : sur un podium installé sur la pelouse du Stade Bollaert, les Concerts Colonne dirigés par le Maître Gaston Poulet lancèrent la soirée avant de céder la place à la célèbre danseuse Janine Charat. Puis vient le tour de la chanteuse Agnès Léger de l’Opéra de Paris, Line Renaud, la  »régionale de l’étape » et les fantaisistes lillois Verlor et Davril.

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    Les festivités ont continué toute la quinzaine : tournois de football, de basket, jeux de cartes, de javelots, concours colombophiles, exposition au Centre de Formation des Mines avec visite de la Mine-Image, galas musicaux et cinématographiques.

 L’APOTHÉOSE :

    Le dimanche 29 juin, c’est l’apothéose avec la Grande Fête de Clôture au Stade Bollaert. Le soleil et la chaleur font que les gradins sont pleins à craquer comme lors des grands matches du RCL.

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   Dès 8 heures la journée commence avec une démonstration des meilleurs chiens de défense du bassin minier. A 15h00 se joue la finale du Tournoi du Charbon de football qui est suivie de la remise du prix du concours du plus beau bébé à Danielle Thierry, fille d’un mineur de la Fosse 1.

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Pendant ce temps, le défilé s’est mis en marche et traverse la ville en direction du Stade Bollaert où il arrive par le Jardin Public. Un tour d’honneur est effectué par les différentes harmonies participant à la fête (Escarpelle, Bruay, Marles, Abscon, Noeux et Liévin) et des chars décorés qui ont pour thème :  »Le développement industriel et commercial à Lens depuis 100 ans ».

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    Puis, à 18h00, moment suprême avec, après que toutes les harmonies aient entonné dans un ensemble parfait la Marseillaise, la remise de la Légion d’Honneur à cinq mineurs méritant. Louis Delattre, le doyen des Mineurs habitant de la cité Chouard, embauché en 1879 comme galibot à l’âge de 12 ans, reçoit à 86 ans cette haute distinction voulue par Vincent Auriol lui-même. Avec lui sont aussi honorés Messieurs André d’Oignies, Beudin de Valenciennes, Chevalier de Sallaumines et Loison d’Auchel. La distinction leur est remise par le Ministre des Transports, des Travaux Publics et du Tourisme, André Morice.

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    Et à 21h30, toujours sur le podium installé sur la pelouse du Stade Bollaert, c’est le gala de clôture des fêtes du Centenaire.

    Le chansonnier du Grenier de Montmartre Denis Michel ouvre le spectacle puis devait suivre d’après le programme le  »célèbre mannequin parisien  » Praline défilant avec les toilettes du célèbre couturier Pierre Balmain. Mais souffrante, elle fut remplacée en dernière minute. Puis des acteurs comiques américains suivis de marionnettistes, des acrobates du Cirque Pinder, le spectacle canin du cirque Knie, les danseuses du Lido : le Quartette Grip, les Rolwoods, patineurs-acrobates, d’autres encore, danseurs, jongleurs, cyclistes burlesques accompagné de l’orchestre de Roger Roger qui emmenèrent les spectateurs jusque tard dans la nuit.

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   Le lendemain, la cité minière retrouve son calme : des mineurs redescendent au fond, les employés communaux et ceux des houillères nettoient la ville et le stade … mais dans la mémoire de tous ceux qui ont participé à la fête, que ce soit en tant qu’acteur ou spectateur, elle restera inoubliable ! Nul ne doute alors que moins de 20 ans plus tard, la mort de l’exploitation charbonnière dans le bassin minier artésien sera annoncée. En 1971, la fosse 1 Sainte Élisabeth, invitée d’honneur des Fêtes du centenaire, est remblayée…

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