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1914-1918 : quatre années d’enfer à Lens (6)

Posté par Le Lensois Normand le 28 juillet 2014

6) L’évacuation puis la libération de Lens

   Début 1917, il ne reste plus que 10000 habitants à Lens. C’est à cette période que les soldats allemands semblent perdre définitivement le moral. Ils abandonnent leurs grandes idées de conquête de la France et commencent à envisager la défaite. Certes, les alliés n’avancent toujours pas, Lens est loin d’être libéré mais la lassitude se lit sur les visages et la crainte de ne jamais revoir leur pays leur est de plus en plus pesante.

    A partir d’avril 1917, Lens est de plus en plus une zone de combat. Les Allemands qui s’y sont repliés dynamitent plusieurs quartiers de la ville pour dégager leurs champs de tir. Ce qui reste de la ville est entièrement détruit par les pilonnages des artilleries françaises, britanniques et canadiennes. Devant le feu de plus en plus nourri des alliés, les autorités allemandes décident de vider totalement Lens de ses civils. En février, 6000 habitants sont évacués. Le 7 avril, tous les malades et blessés de l’hôpital sont transportés à Billy-Montigny.

    Le  9 avril, les forces canadiennes sont victorieuses à Vimy. L’ordre d’évacuation des 4000 derniers Lensois restés sur place est donné.

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    Le 11 avril, les derniers habitants se rassemblent devant la mairie installée dans les locaux de la Banque de France, rue de la Paix. Des convois de 350 personnes sont constitués et s’ébranlent chacun leur tour vers une destination inconnue sous la conduite de hussards à cheval.

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     Le long de la route qui mène à Sallaumines, ce n’est que misère et désolation. Des femmes, des enfants, des vieillards tentent d’avancer péniblement dans le bourbier sur des routes défoncées par les bombardements et traversent le lugubre cimetière-est aux tombes dévastées. Ils ont pris avec eux le strict minimum, ils n’avaient droit qu’à un seul bagage. Certains ont volontairement détruit les objets qu’ils ne pouvaient emporter pour que les Allemands ne puissent pas s’en emparer.

    Lors de la traversée du pont de Douai, un enfant glisse de la charrette où il était agrippé. Le chargement bascule et tombe sur lui, le blessant à mort. Sa maman tente de lui porter secours. Voyant que cela allait retarder le convoi, un soldat allemand écarte la pauvre femme, saisit le corps inerte de l’enfant et le jette dans le canal. La mère n’a d’autres ressources que de plonger dans l’eau glacée du canal. Elle ne remontera jamais.

   Les Allemands qui organisent les départs réalisent un dernier forfait. Obligeant Émile Basly à tout abandonner sur place, prétextant qu’ils n’avaient pas de véhicules à lui fournir, ils en profitent pour piller les locaux de la Banque de France et y dérober la recette municipale estimée à 98000 francs, les archives de la ville, les livres et objets d’art appartenant à la commune.

   Le 12 avril à midi, officiellement, il ne reste plus aucun civil dans la cité. Des témoignages rapporteront que quelques habitants se sont terrés dans les décombres afin de ne pas être évacués. On n’en retrouvera aucun.

    Le cauchemar est fini pour les réfugiés lensois mais à quel prix !

  Les combats continuent dans une ville fantôme. Le 15 août 1917, les troupes canadiennes font une percée au nord-ouest et reprennent la côte 70, libérant les cités 11, 12 et 14. Le 21, c’est au tour des cités 4 et 9 d’être reprises.

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   Mais l’hiver est long, sans progression supplémentaire. Le front allemand tient encore plusieurs mois.

   Au printemps 1918, les combats de rues au corps-à-corps font avancer les alliés jusqu’au boulevard des Écoles. Les Allemands sont retranchés au nord-est de la ville, entre la Grand-Place, le Grand Condé et le pont de Douai. Ils profitent des rares moments de calme pour détruire ce qui reste de la cité et poser des mines.

   Les quelques immeubles restés debout s’écroulent, des explosifs sont jetés dans les égouts, les voies de communication, les lignes ferroviaires sont dynamitées. Lens n’est plus qu’un amas de ruine.

     Fin août, l’avance continue, les Allemands ne tiennent plus que l’est de Lens au niveau du pont de Douai. Ils sont constamment pilonnés. En septembre, les Anglais sont à Avion. Le 3 octobre, l’armée allemande bat en retraite en direction de Sallaumines et abandonne peu à peu la ville, emmenant avec elle tout ce qu’elle peut.

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   Les anglais à l’est, les Canadiens à l’ouest avancent et font de nombreux prisonniers.

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     C’est le 3 octobre 1918 à cinq heures du matin, après une dernière attaque par le sud de la ville, que les premiers soldats anglais entrent dans Lens par la rue d’Avion.

    L’occupation allemande de Lens se termine là où elle avait commencé quatre ans plus tôt mais aucun Lensois n’est présent pour fêter la libération.

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   Lens est libéré mais Lens est pulvérisé. De toutes les villes du front français, Lens est probablement celle où les destructions ont été les plus importantes. Un journaliste du Petit Parisien commente : ‘‘Lens est une nécropole complètement rasée. La vie y est morte ! ».

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    Le même jour, Émile Basly, de la mairie provisoire rue de Hanovre à Paris, déclare à la presse :  »Ainsi, l’heure de la libération a sonné. Jamais, nous n’avions douté qu’elle viendrait. Aujourd’hui, notre plus grand espoir est réalisé. Et pourtant, je n’ose évoquer ma ville. Hélas ! Cité, elle n’est plus. Qu’importe, le sol est libre, nous la relèverons ».

   Le premier décembre 1918, Ernest, Angélique et leurs deux enfants arrivent à Lens par ce qu’il reste de la route d’Arras. Accompagnés de trois gendarmes, ils passent leur première nuit dans leur ville libérée.

    Les courageux Lensois entreprennent dès la fin du conflit la reconstruction de leur ville.

            Mais cela, c’est une autre histoire ……………

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Article d’Albert Londres, envoyé spécial,  paru dans ‘Le Petit Journal’ du 5 octobre 1918 :

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PLUS RIEN… C’EST LENS

             » Lens est fantastique ! Il reste dix-sept fenêtres de rez-de-chaussée, une fenêtre de premier étage, un numéro de rue -un seul, pas deux-, le numéro 14, une clochette d’enfant de chœur. Un morceau d’enseigne où l’on peut encore lire deux lettres : les lettres S et O et, gisant sur les barbelés, une vieille tenture rouge et blanche. C’est tout.

            C’est étonnant. C’est un immense fouillis de bois et de briques. C’est une destruction échevelée, ébouriffée. Lens est aux autres villes ruinées du front ce qu’une forêt vierge est à une forêt domestique. Ce n’est même plus émouvant. Par quoi voulez-vous être ému ? Ce qui émeut, c’est ce qu’on retrouve d’un drame, ce sont les épaves, c’est une poupée à qui pense un enfant, c’est un portrait, c’est le contour des choses qui furent. Ici, plus de contour.

            On peut subitement se rappeler et pleurer quand on vous conduit devant le cadavre d’un de vos amis, mais si on vous mène devant une urne où sont ses cendres, il vous faudra de la réflexion pour que vous vous sentiez frappé. Ainsi, êtes-vous devant Lens.

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Des petits tas de ruines

            Vous y entrez par la cité des Moulins où tout est moulu et vous continuez. Plutôt, vous essayez de continuer. Car pour pénétrer dans Lens, il ne suffit pas d’en avoir le désir. Il convient avant tout de posséder un coup d’œil et des membres souples.  Ce coup d’œil vous servira à repérer où sont les rues et les membres souples à y circuler. Je ne connaissais aucun habitant de Lens. J’ignorais leur caractère mais s’il est est d’envieux, qu’ils cessent de l’être. Cette fois ci, plus de jaloux : tout est au même niveau. Dans les villes du pays minier, terre de corons, pas un toit ne dépassait l’autre. C’est aujourd’hui la même égalité dans la ruine. Le petit tas de ruines d’une maison n’est pas plus haut que le petit tas de ruine d’une autre. Les petits tas sont même identiquement pareils. On croirait qu’au dessus de ces demeures qui se tiennent le long des rues, le même homme est passé et a laissé tomber sur chaque, sans en oublier une, le même poids qui l’a effondrée. Grâce aux rails du tramway, après dix minutes de recherches et d’acrobaties au dessus d’amas épineux, nous avons découvert ce qui était la rue principale.

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A la recherche de l’hôtel de ville et de l’église 

            Tachons de trouver le centre. Nous y sommes, nous dit-on. Dans ces cas là, les professionnels de ces voyages au pays des formidables malheurs ont deux points qui vous guident : l’église et l’hôtel de ville. Nous avions beau scruter : nous n’apercevions rien. Dans cette même chose chaotique qui fut la grande rue, nous avancions. Nous n’avions pas l’impression d’être dans une ville affaissée puisque tout était à notre hauteur. Plus rien ne bouchait l’horizon. D’un bout de l’ancienne cité, pas dessus ses restes, nous pouvions voir l’autre bout. Mais voilà un tas de ruines plus haut que les autres et les paris s’ouvrent. Était-ce l’église ? Était-ce l’hôtel de ville ? Impossible de le dire. Mais plus loin, voilà un pan de mur qui ne ressemble pas aux autres. Qu’est-ce que cela pouvait être ? Par le soubassement se voyaient quelques grosses pierres taillées comme on taille généralement les soubassements des monuments publics. Nous avons décrété que c’était l’hôtel de ville et par là, nous avons reconnu que la petite montagne de brique tout à l’heure était l’église.

            L’égalité dans les ruines après s’est rétablie. Lens comptait 35000 citoyens. Heureusement que la géographie nous l’affirme sans quoi je vous aurai juré que la ville n’avait jamais été habitée. Il n’y a pas un meuble. On ne retrouve pas un barreau de chaise, pas un ustensile de ménage. Il ne subsiste plus la moindre petite trace de l’occupation humaine.

            La victoire réglera tout ça.  »

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       Le 30 août 1919, la Ville de Lens reçoit la Croix de Chevalier de la Légion d’Honneur et la Croix de Guerre 1914-1918 avec Palmes avec cette citation :

     »Ville glorieuse qui peut être considérée comme un modèle d’héroïsme et de foi patriotique. Tombée au pouvoir des Allemands dès les premières heures de l’invasion de 1914, a été, pendant quatre ans, tour à tour, témoin ou enjeu d’une lutte sans merci. Organisée par l’ennemi en formidable réduit de défense, libéré en partie par une offensive alliée, meurtrie est écrasée au cours de combats incessants, n’a jamais douté du sort de la Patrie. »

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La Metz est dite

Posté par Le Lensois Normand le 7 mars 2014

Après de nombreuses incertitudes, la décision est enfin tombée hier jeudi dans la soirée : le préfet de Moselle a pris des mesures exemplaires contre les supporters du RC Lens.

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Pourtant, on est toujours bien reçu d’habitude à Metz (photo L’Est Républicain)

Les abords du stade seront interdits à toute personne se prévalant d’être lensois, le nombre de supporters Sang et Or sera limité à 400 dans le stade au lieu de 1100 lorsque les grenats reçoivent d’autres équipes.

Tout ça parce que lors du match aller au Stade Bollaert-Delelis, quelques ivrognes lorrains aux neurones anémiées et à la vessie houblonnée n’ont pas bien digéré les excès de notre excellente Bière du Chti ayant pour conséquences quelques ‘déboires’ avec la marée-chaussée.

Alors, Monsieur le Préfet de Moselle a pris les décisions qui le feront entrer dans la légende. En effet, peut être a-t-il là évité une troisième guerre mondiale ! Sa décision est justifiée : ″considérant la forte mobilisation des Ultras à risques de Lens pour la prochaine rencontre opposant Metz à Lens et pour laquelle ils recevront le soutien de supporters d’Anderlecht, Rennes et Guingamp″.

Imaginez cette armée de brutes lensoises envahissant la Lorraine, baïonnette au canon et sabre au clair, ces hommes aux uniformes rouges de sang et jaunes d’or investir la cité de Paul Verlaine renforcés des hordes bretonnes et flamandes. Que serait il resté du patrimoine de nos cousins ex-germains ? Le Centre Pompidou rasé, la belle gare exposée, la cathédrale ruinée, les commerces pillés, les caniveaux des belles rues piétonnes ruisselants du sang des autochtones que les pluies abondantes ne parviennent pas à diluer !

Car se sont de vrais sauvages ces supporters lensois. De peur d’importantes représailles, les médias et les autorités du football sont obligés de leur attribuer le titre de meilleur public de France toutes divisions confondues !

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Quelques uns des hooligans lensois interdit s à Metz. C’est vrai qu’ils font peur !

Imaginez les en train d’arpenter les rues de Metz en hurlant leur hymne de guerre ‘Les Corons’. Ce chant partisan qui partout ailleurs est connu pour ses paroles sanguinaires. Ce chant, véritable appel à la violence, qu’ils hurlent partout pendant les trêves entre chaque combat obligeant comme à Dijon, les gens du coin à les ovationner !

Regardez comment ils ont laissé les champs de bataille après leur passage dans les villes au cours de leur dernière campagne : Dijon, on l’a dit mais aussi Laval, Le Havre, Tours, Arles, Clermont-Ferrand, Niort, Nancy, Angers, Brest, Auxerre, Troyes, Créteil ne sont plus que ruines et désolation.

Alors, Monsieur le Préfet, vous avez pris la bonne décision. La ville de Metz, la Lorraine, La France et même le monde entier sauront reconnaître votre volonté d’éviter un nouveau drame humanitaire mais aussi votre capacité de discernement. Car vous auriez même pu aller plus loin : faire intervenir la DST, demander l’intervention de l’armée, du GIGN et du RAID et pourquoi pas, reconstruire la ligne Maginot.

Et vous avez gagné la guerre ! Grâce à vous, les armées lensoises ont pris peur et renoncent à leur projet d’investir votre ville. Aucun régiment n’organisera de déplacement de troupes. A vous seul, vous avez mis toute une armée en déroute. Votre nom restera dans l’histoire pour avoir été à l’origine de ‘la retraite de Lorraine’.

Si vous êtes est encore en place lors de la prochaine saison et si l’équipe de Metz monte en première division, vous allez en avoir du boulot, monsieur le Préfet de Moselle. Il va falloir l’utiliser votre beau stylo à plume pour en signer des arrêtés : il parait qu’il y a encore plus féroces que les lensois parmi les supporters en ligue un. Nice, Marseille, Saint Etienne, Paris…. Vous connaissez ?

Le football est et doit parait-il rester un sport populaire. Ce n’est pas avec le genre de décision comme la votre qu’on évitera les débordements. J’entends déjà quelques artésiens annoncer une reprise des hostilités dès la prochaine saison.

Mais pour la plus part des lensois, les supporters messins, les vrais, seront reçus comme seuls les chtis savent le faire l’an prochain quelque soit le stade où joueront les Sang et Or.

Allez Metz et surtout ALLEZ LENS et que le meilleur gagne !

Quant à vous monsieur le préfet, ce serait marrant de vous voir muté…. dans le Pas-de-Calais !

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Publié dans Coup de Gueule, Le Racing, Lens | 3 Commentaires »

LENS et ses gares

Posté par Le Lensois Normand le 26 janvier 2013

LENS et ses gares dans Histoire gare1000

   Nous sommes en 1860 : la Compagnie des Mines de Lens créée huit ans plus tôt produit près de 1 600 000 tonnes de houille avec les deux seuls puits déjà exploités (fosses Ste Elisabeth et du Grand Condé). Le nombre d’habitants à Lens est passé de 2500 à 4000 en 10 ans, il devient nécessaire que la ville soit reliée au chemin de fer et possède sa gare.

    Il est difficile d’imaginer Lens sans gare mais c’était le cas jusqu’en 1860 comme le prouve cette carte des Chemins de Fer du Nord de 1853. 

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   La Compagnie des Chemins de Fer du Nord, créée le 20 septembre 1845 par le banquier James de Rothschild prend possession d’un grand espace au sud-ouest de la ville et décide d’y faire passer des voies ferrées et de construire une gare.

    La mise en service de la ligne entre Arras et Hazebrouck passant par Lens est à l’origine de la création de cet ensemble ferroviaire. Au départ, il n’est utilisé que pour le trafic de houille de la Compagnie des Mines : jusque là, le transport du charbon se faisait par le canal dont les quais de chargement étaient reliés aux fosses par les voies ferrées privées des Mines.

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   Lens, ce n’était d’abord qu’une simple halte sur la ligne Arras-Dunkerque, la gare n’est ouverte au service des voyageurs qu’en 1863 et comporte alors 4 voies et deux quais pour le trafic des voyageurs, un faisceau de 7 voies pour les trains de marchandises et deux voies en impasse pour le garage des locomotives.

    Elle n’est composée que d’un seul bâtiment devant lequel a été ouverte une petite place.

    Mais Lens a sa gare, celle que les lensois allaient appeler ‘la gare du Nord’ en opposition à celle des Mines : la gare Sainte Elisabeth.

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   Contrairement à aujourd’hui, le bâtiments-voyageurs se trouve exactement dans l’axe de la rue de la Gare qui a été tracée à l’initiative de Guislain Decrombecque et d’Edouard Bollaert afin de relier directement les voies ferrées à leurs exploitations ou usines.

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    D’autres liaisons ferroviaires nécessaires au transport du charbon sont ouvertes par la suite. Elles relient la capitale du pays miniers aux villes importantes (Paris, Calais, Dunkerque, Lille ….). Ces lignes servent en même temps à la circulation des premiers trains de voyageurs.

Année

Ligne mise en service

1860

Prolongement de la ligne Arras-Hazebrouck jusque Dunkerque

1860

Lens-Ostricourt (vers Lille)

1869

Lens-Don Sainghain via Pont à Vendin et Bauvin-Provin

1879

Lens-Hénin Liétard-Carvin

1884

Lens-Armentières par Don Sainghin

1889

Lens-Frévent (le Tortillard)

1906

Lens-Brebières (vers Douai)

    Lens se trouve alors au centre d’un ensemble ferroviaire important.

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   Dans le même temps, les installations de la gare de Lens prennent de l’expansion pour répondre à l’augmentation du trafic. Lui ont été ajoutés :

Année

Constructions

1872

3 voies en impasse pour le chargement de wagons de marchandises

1875

une halle à marchandises

1879

une ‘fosse à piquer le feu’ et une grue hydraulique (pour l’entretien des locomotives)

1884

un faisceau de cinq voies relié aux lignes du chemin de fer des mines de Lens

1893

deux voies de garage pour le tortillard Lens-Frévent

1910

ouverture de la cour à marchandises

   Sur la photo ci-dessous qui date du tout début du XXème siècle: au premier plan, la tête de faisceau des voies affectées aux trains de marchandises puis les quatre voies du trafic voyageurs (un train y est en stationnement). Au centre de l’image, la grande halle aux marchandises et ses voies dites ‘de débord’ qui longent la rue Thiers (aujourd’hui rue Jean Létienne) et où stationnent de nombreux wagons en cours de manutention. Dans le fond, on distingue le bâtiment voyageurs derrière le buffet-hôtel.

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   Voici un plan paru dans l’ouvrage d’Alfred Buquet ‘Lens, son passé, ses houillères’ en 1950. On y voit les installations de la gare de Lens avec les évolutions de 1860 à 1910. On remarque aussi que la place de la gare, appelée ‘Cour des Voyageurs’, est beaucoup moins large qu’aujourd’hui.

 lens

   A partir de 1897, devant le nombre croissant de voyageurs, la Compagnie des Chemins de Fer du Nord décide de moderniser et d’agrandir le bâtiment de la gare avec :

- la mise en place d’une tour à bulbe avec quatre horloges

- la construction et l’ouverture d’un Buffet-Hôtel perpendiculaire à la gare

- l’extension des locaux pour les services administratifs

- la cour des voyageurs est pavée (1905)

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   Sur cette photo, on distingue au premier plan, les voies de la ligne Lens-Frévent qui emmènent le ‘Tortillard’ (ci-dessous) vers le Boulevard des Ecoles par la rue de la Paix.

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   Les quais sont aussi aménagés pour un meilleur confort des voyageurs (agrandissement des abris de quai avec pose de banquettes, installation de toilettes et de passages planchéiés pour traverser les voies).

   En 1913, le trafic de la gare de Lens est de 900 000 voyageurs et plus de 2 000 000 tonnes de charbon.

   Mais il semble que ces travaux ne répondent pas aux besoins de la population. Le Député Maire de Lens, Emile Basly part en guerre contre la Compagnie du Nord.

    Le 9 mai 1910, avec Arthur Lamendin, le maire de Liévin, il fait voter une résolution par le Conseil Général du Pas-de-Calais demandant à la compagnie ferroviaire d’agrandir rapidement la salle des pas perdus et les salles d’attente à défaut de construire une nouvelle gare.

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   Le 30 septembre 1912, devant l’inaction de la compagnie, il fait appel au Ministre des Travaux Publics, Raymond Poincaré afin qu’il fasse pression sur les dirigeants des Chemins de Fer du Nord.

    Le 25 janvier 1913, le Directeur de la Compagnie écrit au Ministre afin de lui présenter un projet d’expansion tout en soulignant que la gare étant construite au dessus d’une exploitation minière, elle ne peut recevoir un étage supplémentaire et n’être donc agrandie que du côté de la cour des voyageurs pour éviter les affaissements. Basly trouve ce projet n’est qu’un  »rattrapage disgracieux » et diminuerai la surface de la place de la gare, déjà trop exigüe pour la population d’une agglomération de 100 000 habitants. En même temps, il demande à ce que les deux quais soient couverts d’un bout à l’autre et munis de banquettes.

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Emile Basly

   Courant 1913, on en est à ce point des négociations entre le Ministre, le Député-Maire et la Compagnie du Nord qui reste sur ses positions : la construction d’un nouveau bâtiment engendrerait des coûts importants qui ne pourraient être supportés par les seules recettes de la gare pourtant estimées par Basly à 10 ou 11 millions de Francs.

    Selon la Compagnie, seul un agrandissement sur la place n’est envisageable à cause des risques d’affaissements d’un édifice plus lourd.

   Arrive alors la première guerre mondiale qui, malheureusement, met un terme aux discussions. Dès le mois d’octobre 1914, Lens est occupée par les troupes allemandes. Mais les alliés sont aux portes de la ville. La guerre fait rage et les bombardements s’intensifient de jour en jour. La gare est la cible des obus afin d’anéantir le transport ferroviaire qui devient rapidement impossible.

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   Pour se déplacer en train hors de Lens, il faut rejoindre la gare de Billy Montigny. Les plus chanceux s’y rendent en voiture, d’autres en calèche ou à pied. Mais rapidement les autorités allemandes interdisent aux lensois de sortir de la ville sans autorisation.

    Les locaux de la gare qui ne voient plus de voyageurs servent alors d’abris provisoires aux soldats allemands et à leurs chevaux.

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   Voyant la fin et la défaite approcher, les troupes allemandes décident de raser complétement la ville. Lorsque les soldats canadiens entrent les premiers dans Lens en octobre 1918 après 10 jours de combats intenses et 4 ans de guerre et de bombardements, la gare, comme tout le reste de la ville, est complètement détruite.

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   Il faut alors rapidement relancer l’industrie. Les Compagnies des Chemins de Fer du Nord et des Mines de Lens désirent que le trafic ferroviaire soit le plus vite possible opérationnel : les transports par camions sont onéreux et d’un mauvais rendement au point de vue tonnage. Il faut donc impérativement pouvoir se resservir du chemin de fer dont toutes les voies sont dans un piteux état. Au départ, seule la voie ferrée vers Hazebrouck est rétablie par le 5ème Génie mais elle n’arrive qu’aux abords de Lens. C’est l’entreprise de travaux publics de M. Vandewalle qui effectue les travaux pour la Compagnie du Nord.

    Le 26 mai 1919, la Compagnie des Mines de Lens a rétabli complètement la ligne entre Lens Ste Elisabeth et Violaines et deux trains ouvriers et plusieurs trains de marchandises y circulent par jour. L’origine de la ligne se situe rue Bollaert où sera construite la gare Sainte-Elisabeth en 1926.

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   A compter du 1er septembre 1919, la Compagnie des Chemins de Fer du Nord fait passer chaque jour deux trains dans chaque sens sur la voie privée des Mines entre Lens et Pont-à-Vendin pour rétablir sa liaison Lens-Armentières qu’elle ne peut pas encore faire par Loison car deux des trois ponts du canal de la Souchez ne sont pas encore reconstruits. C’est à ce moment le seul moyen de quitter Lens par le chemin de fer.

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   Ce service de trains de voyageurs existe jusqu’au 20 février 1921 date de la remise en service de la ligne Lens-Don Sainghin par Hénin-Liétard. En attendant une nouvelle gare, un bâtiment provisoire en bois long de 40 mètres et large de 8 mètres est installé dans l’ancienne cour des marchandises (à l’emplacement actuel de la gare routière). Il fait office de gare provisoire tant pour les voyageurs que pour le personnel.

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   En ce même lieu se côtoient ainsi les wagons de marchandises et les trains de voyageurs comme ceux des nombreux ‘pèlerins-touristes’ venus de toute la France pour  »visiter » les ruines de Lens.

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   Dès le 22 juin 1919, le Conseil Municipal de Lens (alors exilé à Paris) dirigé par Emile Basly, décide d’autoriser la Compagnie du Nord à reconstruire une gare. Un article du journal ‘Nord-Matin’ paru en 1980 justifie cette décision hâtive (la ville n’est encore qu’un amas de ruines) par le fait que la municipalité de Liévin emmenée par son maire Léon Degreaux, est déjà intervenue auprès de la compagnie des Chemins de Fer du Nord et celles des Mines de Lens et de Liévin pour que la gare centre du bassin minier soit construite sur son territoire.

    Raoul Dautry, Ingénieur en chef de la Compagnie des Chemins de Fer du Nord décide de confier la réalisation de la nouvelle gare de Lens à Urbain Cassan, architecte et chef du service des bâtiments de la compagnie. Ils commandent les travaux à l’entreprise parisienne Forestier, Alquier et Cie.

gare1015   Les travaux de la nouvelle gare commencent en janvier 1926. Il faut en priorité résoudre le problèmes des affaissements miniers qui ont atteint dans certains endroits de Lens quatre mètres entre 1870 et 1914. Sous la zone de la gare, une veine de charbon de 10 mètres de hauteur est en exploitation. Si ces affaissements ne sont pas pris en considération, la gare se trouvera rapidement en contrebas des voies.

   Pour leur faire face, Urbain Cassan imagine un procédé unique et révolutionnaire. La gare n’est pas construite en briques mais en ciment Portland artificiel armé provenant des Usines de La Loisne à Barlin.

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   La gare est composée de douze blocs indépendants les uns des autres. Ce qui fait que si l’un d’entre-eux s’affaisse, la structure générale n’est pas disloquée. La partie affaissée peut être remontée à sa hauteur initiale grâce à un système de vérins implantés dans des chambres installées dans les fondations et capable chacun de soulever 50 tonnes.

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   Le 17 septembre 1926, le gros œuvre est terminé. Les travaux ne concernent plus que les finitions et les abords. On voit se dresser l’impressionnant échafaudage de la tour des horloges.

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Le 19 avril 1927, la nouvelle gare est accessible au public. Les voyageurs découvrent alors l’architecture originale de la salle des pas-perdus avec ses fresques qui sont l’œuvre d »Auguste Labouret et, sur les deux façades, les grandes portes munies des grilles en fer forgé d’Edgar Brandt (un artiste ferronnier d’art et industriel de l’armement français).

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  Elève de l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts, Auguste Labouret (1871-1964) est un grand artiste Maître Verrier à qui l’ont doit aussi les décorations des gares de Paris St Lazare, Albert, Saint Quentin, des grands magasins parisiens comme les galeries Lafayette, le Louvre, le Bon Marché, du paquebot Normandie, de nombreux casinos, théâtres ou cinémas. Il a aussi restauré les vitraux des cathédrales d’Amiens, Lyon, Quimper, Rouen…

   Pour ces mosaïques murales il a parfois employé de petits éléments de marbre, incrustés en relief dans le ciment et ensuite taillés au marteau. On y voit d’un côté les mineurs se diriger vers la fosse, barrette sur la tête, pic à l’épaule et lampe à la main. Avec en arrière-plan les terrils, chevalements et cheminées. De l’autre côté c’est le retour des mineurs chez eux, avançant la tête baissée, sans doute harassés par leur journée de labeur. Les autres mosaïques évoquent aussi le pays minier, les transports et l’industrie locale.

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  Le hall de la gare est immense sous la voute en arc de cercle et très lumineux grâce à la toiture équipée de multiples vitraux. Sur la photo ci-dessous parue dans ‘L’Illustration’ en 1927, on voit à gauche, le kiosque à journaux au dessus duquel se trouve une grande horloge, à droite, les guichets avec leur barrières de fer forgé et les sièges en bois. Dans le fond, le service des bagages et la consigne.

   A l’autre extrémité, les deux salles d’attente de première et deuxième classe entièrement carrelées surprennent les voyageurs avec leurs bancs recouverts de mosaïques en céramique.

   La nouvelle gare est beaucoup plus grande que l’ancienne : elle mesure 85 mètres de long. Elle peut ainsi répondre à la demande journalière de 2000 billets en 1927. Son architecture, totalement ‘art-déco’, rappelle la forme d’une locomotive de type 020; la tour d’horloges de 23 mètres en étant la cheminée, la gare elle-même la chaudière avec les deux portes rondes qui figurent les roues. A l’autre extrémité, le buffet semble en être le tender.

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   Les installations ferroviaires sont plus importantes qu’avant la première guerre. Elles comportent maintenant :

      – 6 voies à quai pour le trafic des voyageurs (dont deux en impasse)

      – 2 voies dites de circulation pour les trains passant sans arrêt

      – Une cour marchandises de 6 voies avec une grande halle

      – Un triage de 25 voies pour le trafic des wagons de marchandises

      – Un faisceau de garage de 8 voies pour les trains de marchandises

      – Un atelier de réparation des wagons

   La gare comporte aussi un local pour le trafic des colis, un bâtiment pour le service médical au dessus duquel se trouvent des logements (1), un local toilettes-WC sur les quais (2), un buffet (3) et un poste d’aiguillage pour gérer la circulation des trains en gare (4). (Photos publiées avec l’accord des concepteurs du site sur la cité des Cheminots de Lens : www.cdclens.fr)

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   Voici quelques photos du Buffet de la Gare (dont certaines sont aussi tirées du site sur la Cité des Cheminots de Lens). En haut : le buffet vu de la place et des quais lors de la construction. Puis deux vues de la salle à manger. Sur la troisième ligne : la buvette et la cuisine; enfin le buffet aujourd’hui, façades avant et arrière.

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   La nouvelle place de la gare est aussi agrandie par rapport à l’ancienne : elle s’étale maintenant de la rue de la Gare à la rue de la Paix. La cour des marchandises a été décalée vers l’ouest pour donner plus de place au trafic des bus qui viendront stationner face aux portes de la gare.

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    Initialement prévue le 26 juin, l’inauguration de la nouvelle gare n’a finalement lieu que le 14 août 1927, le même jour que le nouvel Hôtel de Ville.

   Le matin du dimanche 14 août vers 11 heures, les personnalités se retrouvent devant la gare. On y reconnait Emile Basly, le Maire de Lens, Alfred Maës, son premier adjoint, Myrtil Stirn, sous-préfet de Béthune et des représentants de la Compagnie des Chemins de Fer du Nord.

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  Les cérémonies commencent par un dépôt de gerbes sur la plaque élevée en l’honneur des cheminots morts lors de la guerre 14-18. Puis, après avoir coupé le traditionnel ruban, les personnalités prononcent des discours dans le hall de gare décoré de draperies rouges et or tandis que des sociétés musicales entonnent l’hymne national sur le kiosque dressé sur la place. Ensuite, tout le monde se rend à pied en cortège jusqu’à l’Hôtel de Ville où continuent les festivités avec un grand banquet , des défilés dans les rues de Lens et une fête de nuit avec un grand bal populaire sur la Place de la République.

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   Les lensois sont heureux : ces inaugurations leur permettent de tourner définitivement la page après cette guerre qui a totalement ruiné la ville.

   Mais leur bonheur est éphémère : douze ans plus tard est déclarée la Seconde Guerre Mondiale. Lens est de nouveau victime de bombardements, les voies ferrées sont visées. Au printemps 1944, les bombardements alliés font de nombreuses victimes et d’importants dégâts mais, si les voies du triage, les locaux et ateliers se trouvant entre ces voies et le poste d’aiguillage n°7 sont pratiquement détruits, les bâtiments de la gare-voyageurs de Lens ne sont pas beaucoup touchés.

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   Cependant, de nombreux dégâts ont été occasionnés du côté du dépôt des locomotives de Méricourt devenu inutilisable. La cité des Cheminots, toute proche, a été cruellement frappée. Le seul bombardement d’avril 1944 (au cours duquel environ 1500 bombes furent larguées) y a tué 214 personnes et blessé plus de 200 dont de très nombreux cheminots.

   Fin 1946, le triage redevient opérationnel. Ce sont alors les années glorieuses pour l’activité de trains de marchandises de la SNCF avec le transport de houille et de ses sous-produits mais aussi de ciment, de verres, d’engrais ou d’autres produits industriels.

   Les lignes ferroviaires qui desservent le gare de Lens sont électrifiées à la fin des années 50 : en octobre 1957, Lens-Ostricourt-Lille; Lens-Arras en mai 1958, la même année que Lens-Don Sainghin; Lens-Dunkerque en janvier 1960.

   La gare en profite pour supprimer ces affreuses potences qui se trouvaient sur les toits et qui servaient à acheminer l’électricité et le téléphone.

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   La SNCF en profite pour moderniser le triage qui est à l’époque l’un des plus grand de la région avec 1500 à 2000 wagons de marchandises par jour. A ce trafic, il faut ajouter la trentaine de trains complets de houille ou de ses dérivés remis par les HBNPC et ses filiales ainsi que par d’autres entreprises locales (Verrerie de Wingles, Laminoirs de Lens, …)

    Ce nouvel ensemble ferroviaire comporte un faisceau de 30 voies de triage, un chantier de visite et de réparation, un autre faisceau de 8 voies pour recevoir et expédier les trains et des voies de circulation électrifiées. Les cinq postes d’aiguillages ont été modernisés pour être adaptés à la traction électrique.

   Pour faire fonctionner ce triage, les équipes de cheminots dirigées par un ‘Sous-Chef de gare de Première Classe’ travaillent en 3×8 et disposent de trois locomotives de manœuvre.

   En 1963, des travaux importants doivent être engagés dans le triage afin de relever les voies suite aux affaissements miniers. Plus de 100 000 mètres-cube de matériaux sont utilisés pour remettre à niveau ces voies dont certaines seront relevées d’un mètre vingt.

  Le 28 décembre 1984, le bâtiment des voyageurs de la gare de Lens fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques.

   Depuis les années 80, l’intérieur de la gare est souvent modifié pour répondre aux  »normes standards » de la SNCF : presque plus de guichets, plus de service bagages-consigne, plus de salle d’attente, les grandes portes rondes sont définitivement closes et beaucoup moins de cheminots le plus souvent remplacés par des machines automatiques. Les fresques d’Auguste Labouret semblent perdues dans cet univers ou tout est de couleurs vives, où tout est ‘tape à l’œil’. Le voyageur ne se délasse plus dans la gare en attendant son train: aujourd’hui, il se précipite, il court sans même un regard sur ce qui reste du travail des artistes qui ont créé cet espace.

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   Autres effets des temps modernes : la cour et la halle des marchandises qui longeaient la rue Jean Lestienne ont totalement disparu pour laisser la place depuis février 2009 à la nouvelle gare routière.

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   Autre évolution un peu surprenante : avant les travaux de rénovation de la place et de la gare routière, le local qui servait de halte au tortillard de la ligne Lens-Frévent était devenu pour un temps et avant sa démolition du bâtiment … une friterie !

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   Le triage aussi a été fermé : l’activité ‘marchandises’ de la SNCF ne correspondait plus aux besoins du monde actuel et coûtait trop cher à l’entreprise. Des tas de traverses usagées rappellent qu’avant, il y avait des voies ferrées à cet endroit. La végétation abondante dans les entre-voies prouve qu’il y a bien longtemps que les pas d’un cheminot ont foulé le ballast.

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    Après l’abandon par la SNCF du trafic de ‘wagons isolés’ (ensemble de wagons de marchandises et destinations différentes rassemblés dans un même train de triage en triage), la seule activité ‘fret’ qui existe encore à Lens concerne des trains entiers et occupe moins d’une dizaine de cheminots.

    Amputé d’une bonne partie de son faisceau, de ses postes d’aiguillages et autres bâtiments, l’ancien triage ne sert aujourd’hui qu’à garer quelques trains de service, rames de voyageurs ou locomotives.

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   La place de la gare devenue Place du Général de Gaule en 1970 est aujourd’hui totalement piétonne. Le parking qui s’y trouvait est maintenant dans l’ancienne gare routière, ‘le quartier des gares’ est en pleine évolution ……

    … Mais le bâtiment a toujours conservé son aspect extérieur original et surprend toujours les voyageurs qui descendent du train pour la première fois en GARE DE LENS.

Publié dans Histoire, La ville, Lens | 10 Commentaires »

 

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